Compte rendu de la projection débat sur la Palestine à la cité U de Nanterre et interventions !

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Le Jeudi 02 Avril, le comité anti impérialiste organisait une projection débat sur la résidence universitaire, afin de lancer une campagne de Boycott sur l’université de Nanterre.

Après avoir regardé le documentaire « Roadmap to Apartheid » qui retrace les différents aspects de la colonisation et de l’apartheid ethnique en Palestine occupée, plusieurs interventions ont été lues et s’en est suivi undébat enrichissant avec les étudiants solidaires!

La question a été centrée sur l’importance d’inscrire la campagne de boycott universitaire dans un soutien plus large à la résistance notamment aux prisonniers politiques, sur le refus du chantage à l’antisémitisme et sur les formes que peuvent prendre nos actions sur l’université de Nanterre!

Nous appelons tous les résidents de la cité universitaire, les étudiants et les enseignants à rejoindre la campagne de solidarité internationale pour le boycott du partenariat entre l’université de Nanterre et de Bar-Ilan!

Boycottons les universités Israéliennes!

Fin du partenariat entre l’université de Nanterre et

l’université Israélienne de Bar Ilan!

Comité anti-impérialiste

Intervention du comité:

Notre soirée suit de peu la Journée de la Terre (30 mars). La Journée de la Terre est hautement symbolique : elle exprime à la fois la résistance au sionisme et le refus de l’usurpation de la terre qui est l’essence-même de la colonisation de la Palestine.

En Mars 1976, le gouvernement sioniste annonça la décision d’usurper 1700 hectares de terres Palestiniennes. S’en suivit une journée de grève et de manifestation dans toute la Palestine. Six Palestiniens de 1948 (c’est-à-dire ceux qui ont pu rester en 1948 après la création par la force de l’Etat d’Israël) furent abattus par l’armée d’occupation d’Israël, 96 étaient blessés et 300 autres arrêtés. Depuis lors, tous les 30 mars, la « Journée de la Terre» commémore cet événement en Palestine et partout dans le monde où se trouvent les défenseurs des droits du peuple palestinien contre le sionisme.

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Le sionisme est un mouvement colonial et raciste né au 19ème siècle qui s’est nourrit la persécution des juifs en Europe visant à créer un « foyer juif » en Palestine ou en Ethiopie. Son fondateur Théodore Herzl déclarait dans son livre l’Etat des Juifs « pour l’Europe, nous constituerons là-bas (moyen-orient) un morceau de rempart contre l’Asie. Nous serons la sentinelle avancée de la civilisation contre la barbarie » -« Les antisémites seront nos amis les plus dévoués et les pays antisémites nos alliés ». – Le sionisme est l’idéologie à l’origine de la création de « l’Etat d’Israël ».

Depuis plus d’un siècle, les sionistes spolient les terres palestiniennes utilisant comme moyens les crimes de masses, l’épuration ethnique, les assassinats de leaders politiques ou les emprisonnements de résistants. La colonisation de toute la Palestine est inscrite au cœur du projet sioniste.

L’Assemblée Générale des Nations Unies a précisément reconnu ce qu’était l’idéologie qui permet cette spoliation: le sionisme a été reconnu comme conception raciste par la résolution 3379 en 1975. Elle stipule « que le régime raciste en Palestine occupée et le régime raciste au Zimbabwe et en Afrique du Sud ont une origine impérialiste commune, qu’ils forment un tout et ont la même structure raciste, et qu’ils sont organiquement liés dans leur politique destinée à opprimer la dignité et l’intégrité de l’être d’humain« 

Elle fut annulée en 1991 sous la pression pour ratifier les accords d’Oslo qui marquèrent le début d’un grand affaiblissement de la résistance historique palestinienne réunie dans l’OLP.

La question du boycott elle, a un précédent fondamental en liaison avec l’histoire du mouvement de libération nationale: celui de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Ce n’est pas un hasard si Nelson Mandela déclarait après sa libération que le peuple sud Africain et tous les peuples du monde ne seront pas libres tant que la Palestine serait occupée (décembre 1997 à Pétroria). Pourquoi? Parce que la Palestine est une terre que la Communauté Internationale, dirigée par les Etats Impérialistes, a délaissée. Ils soutiennent la colonisation de la Palestine alors que les peuples du monde soutiennent eux la cause de la libération. L’idée de Mandela signifie que la cause palestinienne est une cause universelle.

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Que faire? D’abord il faut se rendre compte de la raison qui empêchent une quelconque sanction internationale des crimes de guerre par « Israël ».

Ronnie Kasrils, vétéran de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud (ANC) y répond très simplement: le sionisme joue un rôle stratégique de contrôle du Proche-Orient.

Ses rappels doivent également nous servir de conseils: Il estime que 4 piliers ont permis d’ abattre le régime d’apartheid en Afrique du Sud:

1- La lutte armée.

2- La lutte souterraine et la création de cellules clandestines.

3- La lutte politique.

4- Le boycott international.

Aucun de ces 4 piliers ne fonctionnent sans les autres.

C’est pourquoi notre mouvement de boycott universitaire doit aller de paire avec le soutien aux autres formes de la résistance Palestinienne et pour dénoncer l’entreprise coloniale et raciste dans toute sa réalité en comprenant notamment le soutien aux prisonniers Palestiniens et à Georges Abdallah compris!

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La question que nous devons nous poser ce soir est « pourquoi une campagne de boycott sur l’université de Nanterre ? »

Cette fac a une histoire commune avec la résistance Palestinienne face au projet coloniale sioniste. Des 1993, des étudiants lancent une campagne pour jumeler la fac de Nanterre avec l’université palestinienne de Birzeit. En 1998 un grand meeting est organisé sur la Nakba et le droit au retour de tous les réfugiés. En 2000, lors  du lancement de la glorieuse seconde intifada, les étudiants de Nanterre ont répondu présent en soutenant le peuple palestinien. Meetings et manifestations étaient rentrés dans le quotidien de la vie universitaire. Ces derniers étaient organisés principalement autour de l’Association Générale des Etudiants de Nanterre (AGEN). A l’inverse, la presse bourgeoise parlait d’intifada des campus.

Ce soutien ne tarda pas à faire tomber les masques. L’UEJF, organisation qui se dit « antiraciste et humaniste de gauche», était dans les faits le premier défenseur des crimes perpétrés par l’entité sioniste.  A l’époque déjà accusation d’antisémitisme et de « soutien au terrorisme » étaient leurs seuls arguments. Evidemment cette supercherie idéologique ne dura pas, et le soutien à la cause palestinienne devenait naturellement majoritaire auprès des étudiants. Comme toutes forces impérialistes, le sionisme du abattre son joker : le recours au fascisme. Le 12 novembre 2002, la Ligue de Défense juive (LDJ) agressa un administratif d’origine maghrébine sur l’université, le confondant avec un membre de l’AGEN. Il fut prouvé par la suite que ces derniers étaient envoyés par cette même UEJF. Dans le même temps la direction universitaire refusait catégoriquement de se positionner devant ces sordides événements. C’est dans ce contexte que la mensongère concordance entre antisémitisme et antisionisme fut créée.

Par la suite, le soutien à la cause palestinienne continua avec notamment l’organisation de deux voyages en Palestine par l’AGEN, un en 2005 et un autre en 2010. La dénonciation du projet colonial sioniste dans son ensemble était évidemment la priorité. Sionisme de gauches – sionisme de droite : même projet, même finalités.

Ces rappels sont importants car ce sont les mêmes pitoyables armes utilisées aujourd’hui par les colons pour justifier leurs différentes actions. Aujourd’hui comme hier le  sionisme a une stratégie bien rodé :criminalisé le soutien à la résistance palestinienne pour intensifier dans le même temps la colonisation. La bourgeoisie française allié de Tel-Aviv l’a bien compris et a cet été utilisé les même techniques pour criminaliser les manifestions de soutien à la population de Gaza. Deux parallèles sont devenus coutumier :

1) tout soutien à la résistance Palestinienne est un soutien au terrorisme

2) le fameux chantage : antisionisme est un reflet de l’antisémitisme.

Nous devons reprendre la bataille idéologique et démonter cet argumentaire fallacieux. Nous devons mener une bataille culturelle sur ce point. La terreur est une arme coloniale et donc une arme sioniste. L’antisionisme est une lutte anticolonialiste pour la libération de toute la Palestine d’avant 1948. L’idéologie racialiste est-elle présente dans l’essence même du sionisme.

Le révolutionnaire communiste Gramsci avait théorisé la bataille culturelle en rappelant le rôle que les intellectuels et étudiants ont à jouer sur les conceptions qui traversent la société. Ils contribuent à l’arôme idéologique immédiat.

Dans les périodes de non intervention militaire, nous avons affaire  au « beau projet sioniste » avec un grand discours sur son amour de la démocratie et de la liberté.  Hier soir a été organisé une conférence à science po Paris intitulée : « être une femme en Israël ». Il aurait été intéressant de leurs demander« qu’est-ce que c’est que d’être une femme palestinienne dans les geôles sionistes ».  Dans le même temps des nazillons du betar-LDJ tournait autour du rassemblement prêt à bondir à la vue d’un drapeau blanc rouge vert et noir sous les yeux habitués de la police Française. Voilà l’état actuel des choses.

Nous devons nous organiser dès aujourd’hui pour montrer notre soutien à la résistance palestinienne. En tant qu’étudiant la question du boycotte universitaire est primordial.  Actuellement l’université de Nanterre entretient des liens d’échange avec l’université sioniste de Barilan. Ceci est intolérable. Nous devons tout faire pour que la direction rompt ses contacts et dénonce publiquement l’entreprise colonial sioniste.  Nous devons lancer cette campagne tous ensemble.

Organisons nous en conséquence.

Vive la résistance héroïque du peuple palestinien !

A bas le sionisme et ses laquais!