La « guerre contre le terrorisme » n’est pas une guerre juste.

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La « guerre contre le terrorisme » n’est pas une guerre juste

Les attentats dans les rues de Paris, de Tunis et de Beyrouth ont semé l’effroi et l’horreur. Les massacres de masse sont maintenant connus dans plusieurs pays, au-delà des pays déjà ravagés par des conflits.Nous aussi, en France, nous savons maintenant ce que c’est. Quoi de plus horrible en effet qu’un massacre de masse ? Quoi de plus logique que de déclarer « la guerre » à ceux qui tuent des civils ? Mais les autorités françaises se servent du rejet des tueries de masse, de la peur généralisée et indistincte pour étendre le chaos sous le nom de « guerre contre le terrorisme ». En décrétant l’ « état d’urgence », on demande aussi à la population de France ou de Belgique de tout accepter des autorités. La « guerre contre le terrorisme » engagée par Georges Bush le lendemain du 11 septembre 2001 est le nom trouvé par la « Communauté Internationale » des pays impérialistes pour tenter de relancer un capitalisme mondial en crise.

 

Sommes-nous vraiment contre les massacres de civils ?

 

Un fait suffit à en douter. Un jeune homme a tué ou mutilé 1626 vies humaines, des hommes, des femmes et des enfants. Au cours de ces meurtres commis sur une grande échelle, il a rendu visite à son chef religieux car il avait des doutes sur ce qu’il faisait. Son chef religieux lui a dit que le meurtre de masse était inscrit dans le plan de Dieu. Le nom de ce jeune homme est Brandon Bryant, il a été pilote de drone pour l’US Air Force. Il pilotait des drones devant 14 écrans, allongé dans un container au Nouveau-Mexique aux USA. Quand il appuyait sur son clavier, un homme mourrait à l’autre bout de la planète. Il a été félicité pour un travail bien fait au service de la plus grande démocratie du monde. Son chef religieux était un aumônier chrétien.Qu’allons nous faire pour réagir à toutes ces tueries ? Qu’allons-nous faire si nous apprenons que la plupart des victimes des drones américains et des bombardements français sont des civils ? Que faire s’il existe nombre de rapports qui prouve que la « guerre contre le terrorisme » a déjà fait des centaines de milliers de victimes sans faire reculer en rien le terrorisme ? Va t-on faire quelque chose contre la culture des bombardements, des ventes d’armes, de l’injustice économique et de l’aliénation, une culture qui nourrit la folie des tueurs de civils ? Si nous voulons être sincères dans notre rejet des tueries de masses, il nous faut comprendre et combattre les racines de la violence. Il faut aussi considérer qu’une vie vaut une vie et non qu’une vie française vaut bien mille vies irakiennes. Jusqu’ici un silence effroyable s’est imposé sur les guerres menées « en notre nom ». L’armée française a tué des dizaines d’ivoiriens civils à Abidjan en novembre 2004 sans que l’on entende un bruit de mouche en métropole. Depuis, l’armée française est intervenue en Afghanistan, Libye, Mali, Sahel, Centrafrique, Irak et Syrie, sans qu’un seul mouvement contre la guerre ne se manifeste. Devons-nous encore nous taire et laisser se canaliser la colère et la peur vers des guerres qui créent davantage de colère et de peur ?

 

Qui a détruit le Moyen-Orient, qui arme le terrorisme ?

 

L’invasion de l’Irak en 2003 provenait de l’utilisation par Georges Bush de la peur et de l’effroi des citoyens étatsuniens suite aux attentats du 11 septembre. Cette décision a semé un tel chaos au Moyen-Orient qu’elle a donné naissance à l’Etat islamique (ou Daech). Les meurtres de masse du 13 novembre à Paris donnent lieu de la même manière à deux mouvements : une nouvelle coalition guerrière et à une suspicion générale qui pèse sur les musulmans vivant en France parmi lesquels le pouvoir désigne un « ennemi intérieur ». La coalition guerrière et le rejet des musulmans dans les pays occidentaux : ce sont là deux objectifs de l’Etat islamique qui ne s’en cache pas. Créer une subjectivité de guerre et de ressentiment tel est le but commun des autorités françaises et des djihadistes apocalyptiques.

Le 16 novembre, François Hollande a dit devant le congrès réuni à Versailles : « la France est en guerre ». Depuis 3 ans, la France veut intervenir en Syrie. D’abord contre Bachar Al-Assad ; ensuite contre lui et contre Daech, maintenant seulement contre Daech. Réagir aux attentats par plus de guerre et par l’état d’urgence garantit une montée de la côte de popularité des dirigeants mais il n’est pas sûr qu’un bombardement intensif ou qu’une occupation terrestre règle les problèmes du Moyen-Orient. C’est plutôt l’inverse qui est vrai. Les Etats-Unis ont fragmenté l’Irak en entités distinctes sur une base confessionnelle ou ethnique alors que le projet officiel était d’importer une démocratie jeffersonienne ou à l’européenne. Si on continue à penser que les européens, les américains et leurs alliés au Proche et Moyen-Orient sont des « libérateurs » et qu’ils représentent la civilisation contre la barbarie, si nous continuons à ne pas comprendre que les interventions impérialistes de « nos » armées et les régimes que « nous » soutenons sont davantage détestés par plusieurs millions d’irakiens que le talon de fer de Daech, nous continuerons à alimenter la haine et la destruction de pays exsangues et la création de nombreux combattants djihadistes.

Après avoir soutenu Saddam Hussein dans les années 1980 dans une guerre terrible contre l’Iran, ils l’ont destitué et fait tué. Après s’être rabiboché avec Mouammar Khadafi, ils l’ont bombardé et fait lynché. Après avoir soutenu les groupes djihadistes dans une guerre sainte contre l’Union soviétique, ils les combattent mais en même temps ils vendent des armes aux dictateurs des pétro-monarchies qu’ils propagent le djihad salafiste qui est une arme contre l’Iran chiite et contre tous les régimes issus du nationalisme arabe.

La lutte contre la guerre impérialiste est une priorité

 

Nous ne devons pas laisser croire que les puissances impérialistes sont des puissances de paix et luttent contre le terrorisme. Ni qu’elles sont les championnes de la démocratie. Aujourd’hui, à travers des guerres par procuration, les puissances impérialistes amènent les peuples du monde au bord de l’abîme. Un conflit majeur et multiforme grandit de jour en jour. Les contradictions s’aiguisent en particulier autour de la Russie et de la Chine. Comme dans la période 1910-1945, la crise du capitalisme précipite la montée d’un conflit généralisé et la montée de « solutions » fascistes. Les anciennes puissances coloniales qui sont aussi les actuelles puissances dominantes impérialistes ne sont pas la solution. Au contraire, elles sont le principal problème. Une solution ne peut venir que des peuples concernés eux-mêmes. Les puissances impérialistes ne tentent de sortir de la crise du capitalisme que par davantage de guerres et de fascisation intérieure. Le climat de peur et de guerre permet déjà d’adopter en France des mesures xénophobes comme la déchéance de la nationalité, une mesure proposée depuis plusieurs années par le Front National dont on adopte le programme en prétendant le combattre. Il n’est pas trop tard pour réagir. Ne restons pas les bras croisés.

Créons des comités contre la guerre impérialiste