Pour le boycott des universités israéliennes

Boycott isr

En 2005, 171 organisations et associations palestiniennes ont lancé un appel au boycott des produits et des institutions israéliennes. Cet appel a été repris dans de nombreux pays et appliqué aux différents secteurs. L’objectif annoncé était de boycotter un Etat parce qu’il est colonialiste et organise un régime d’apartheid. La sphère universitaire, intellectuelle et culturelle est un axe important de cette campagne qui a longtemps été mis de côté ou a crée des tensions sous prétexte qu’on ne devrait pas boycotter la culture et le savoir.

Ce point de vue idéaliste sous entend que le savoir et la culture se situeraient au-dessus du politique, sans lien avec lui et défendraient une conception progressiste de la société par essence. Il s’agit d’une conception fausse qui ne renvoie pas à la réalité de ce qu’est la société coloniale et d’apartheid israélienne, institutions universitaires et culturelles comprises. Les exemples ne manquent pas pour l’illustrer: des partenariats entre les universités et l’armée ont vu le jour pour des programmes de recherche militaire ou la création d’une trentaine de compagnies de sécurité pour assurer le « contrôle » des frontières en 2007.

Nous pourrions également citer Mordechai Kedar, chercheur au centre d’étude stratégique Begin-Sadate de l’université Bar-Ilan (université en partenariat avec celle de Nanterre) qui déclara lors du bombardement de Gaza en juillet dernier: « La seule chose qui pourrait dissuader un candidat à un attentat suicide serait qu’il sache que s’il été attrapé sa sœur ou sa mère serait violée ».

Pourquoi cette campagne ?

La réalité des universités israéliennes est qu’elles sont actrices de l’occupation coloniale et de l’apartheid. L’idée qu’elles soient des lieux de savoirs critiques, indépendantes de la politique coloniale est un mythe pour délégitimer toute campagne de dénonciation. Les exemples foisonnent pour illustrer leur part de responsabilité dans la réalité coloniale que vivent les Palestiniens: la majorité des bourses et un certain nombre de programmes d’études sont accessibles uniquement à ceux qui accomplissent leur service militaire (ce qui est réservé aux juifs), plusieurs universités dispensent des programmes d’enseignement ou de recherches pour servir l’armée.

En 2009, un nombre massif de pétitions ont été élaborées par des enseignants et étudiants israéliens pour soutenir le massacre de Gaza… Nous pourrions aussi citer la négation de l’identité et de l’existence même des Palestiniens dans la mesure où tous les cours et même la signalétique au sein des établissements sont en hébreu ou en anglais. L’arabe est proscrit comme l’enseignement de l’histoire des Palestiniens. A part quelques cas rares d’universitaires qui se sont exprimés, l’écrasante majorité des universités israéliennes n’ont jamais manifesté de solidarité avec par exemple l’université de Bir-Zeit (Cis-Jordanie) qui a été attaqué, occupée par l’armée sioniste et dont un certain nombre d’enseignants et d’étudiants ont été emprisonnés.

Que veut-on ?

Nous ne pouvons pas accepter que nos établissements universitaires puissent collaborer avec des universités coloniales. Nous ne pouvons pas faire semblant qu’il s’agit de « partenariat intellectuel » en dehors de la réalité politique. C’est faux, maintenir des échanges signifie qu’on accepte de travailler, de tisser des liens avec des promoteurs du colonialisme et de la barbarie qui en découle. Ne nous voilons pas la face malgré l’existence de tout un discours de diabolisation du boycott en France. Ce discours fonctionne si bien que les pouvoirs publics avec l’Etat en tête se sont dotés d’une législation permettant de condamner ceux qui ose faire la promotion du boycott. Des condamnations ont déjà eu lieu. Le discours permettant la condamnation du boycott se fonde sur un rapprochement intellectuellement crapuleux : la condamnation du sionisme comme idéologie raciste et coloniale est assimilée à de l’antisémitisme. De plus, ces derniers mois nous avons pu voir le gouvernement PS avec Valls en tête monter au créneau pour soit disant défendre les juifs contre l’antisémitisme des arabes de quartiers qui souhaitaient manifester leur solidarité avec les Palestiniens

de Gaza alors attaquée. Ce discours nous le connaissons et nous avons décidé, à travers cette campagne, de lui tenir tête et de l’affronter.

Un partenariat entre l’UFR SJAP de Nanterre et l’université de Bar-Ilan semble exister puisqu’il apparait sur le site de l’université de Nanterre. Cependant, le manque de transparence de l’université ne nous permet pas d’en savoir plus aujourd’hui.

-Nous demandons à ce que l’université de Nanterre fasse preuve de transparence concernant cet accord et s’exprime clairement sur cette question de boycott. Nous voulons qu’elle cesse les partenariats et échanges avec les universités israéliennes et qu’elle tisse des liens avec des universités palestiniennes par solidarité. Aujourd’hui encore des étudiants et enseignants palestiniens croupissent dans les geôles sionistes. L’université doit également manifester son indignation à cet égard.

Nous appelons les étudiants, enseignants et personnels de l’université à considérer cette question sérieusement, en dépassant les procès en sorcellerie et les pressions en tout genre. A l’heure où tout le monde s’accorde pour dire que la campagne de boycott à l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud était nécessaire et courageuse, nous demandons de faire preuve de la même cohérence. « Israël » est un Etat colonial tout comme celui que Mandela a combattu.

Comité Anti-impérialiste

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