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La guerre révolutionnaire en Inde aujourd’hui

Une guerre révolutionnaire héroïque est actuellement en cours en Inde. Les médias occidentaux la passe complètement sous silence, ou de temps à autre on l’évoque timidement sous le registre du fait divers à sensation[1]. Pourtant, depuis les forêts et les campagnes indiennes, l’information venue des peuples opprimés se fraie un chemin jusqu’à nous.

En 2006, le premier ministre Mamoham Singh qualifiait la rébellion maoïste de « plus grand défi pour la sécurité intérieure que le pays n’ait jamais eu à relever ». depuis octobre 2009, une vaste opération militaire contre-insurrectionnelle dénommée « Green Hunt » a pour objectif de détruire la résistance populaire par la terreur et les massacres.

En quoi consiste la résistance populaire ? De nombreux maquis (sur un tiers de cet immense pays) et des zones libérées sont composés de révolutionnaires qui mènent une guerre populaire. La plupart de ceux qui rejoignent la guerre révolutionnaire sont des dalits et des membres de minorités tribales. Touchés par l’injustice sociale, les expropriations, le système de castes ils ont pris les armes en s’organisant selon les principes maoïstes. Ils sont plusieurs centaines de milliers à rejoindre les rangs de la révolution. Les cibles de la révolution en Inde sont l’impérialisme, la bourgeoisie indienne et les grands propriétaires terriens.

Les maquis et les zones libérées sont tenus par le Parti Communiste Indien (maoïste).Ce parti a été créé en 2004 de la fusion entre le PCIML) et le Centre communiste maoïste. Le 1er mai 2014, a eu lieu une seconde fusion : celle du PCI (maoïste) et du PC (ML) Naxalbari en un seul Parti, qui est désormais connu comme PCI (maoïste). Ce parti est l’héritier d’une longue tradition communiste en Inde. En effet le PCI est fondé dès 1920. Plus directement il est l’héritier de l’insurrection armée de la région du Naxalbari (Bengale-Occidental) de 1967. Lors du conflit entre la Chine Maoïste et de l’ URSS révisionniste les fondateurs du mouvement maoïste indien se rangeront résolument aux côtés de la Chine de Mao

Ses militants sont connus en Inde sous le nom de naxalistes. Dans les années 1960 des communistes indiens s’emparent des idées de Mao Zedong et s’opposent aux révisionnistes modernes au pouvoir en URSS. Ils s’opposent notamment à leur théorie de la « coexistence pacifique » avec l’impérialisme et du « passage pacifique » au socialisme. Dans la pratique, ils ont organisé le soulèvement des ouvriers et des paysans pauvres contre les féodaux indiens et leurs soutiens. La répression a été impitoyable mais le mouvement renaît de ces cendres dans les années 1990.

Aujourd’hui nombre de maquis combattent contre les projets du capital financier d’exploiter les ressources minières des grandes forêts en détruisant la vie sociale des minorités.

Les adivasis et les dalits sont les opprimés des opprimés et ils forment la base de la Guerre Populaire. Les maoïstes les ont d’abord aidé à s’armer et à se former pour faire face à l’assaut des classes exploiteuses Mais de plus en plus il n’y a plus de distinction entre ces catégories car les opprimés deviennent eux-mêmes maoïstes.

Les adivasis et les dalits sont des centaines de millions, méprisés par la caste des brahmanes qui collaboré avec la puissance coloniale anglaise et qui aujourd’hui truste les postes de direction malgré des mesures de quotas pour les basses classes.

Les révolutionnaires maoïstes ne se limitent pas à des revendications sur l’augmentation des salaires, les soins de santé, l’arrêt de la corruption mais ils mettent en place ces mesures  en promouvant l’instauration d’un pouvoir populaire par les pauvres et les exploités.

L’Etat indien actuel est le représentant des multinationales, des propriétaires féodaux et des capitalistes indiens. La Guerre Populaire est donc l’organisation d’un mouvement de masse armé pour renverser la structure entière de l’oppression en Inde.

43% des paysans indiens sont sans terre, 47% des enfants souffrent de malnutrition, 80% de la population vit avec moins de deux dollars par jour

Les naxalites agissent dans 21 Etats sur 29. Plus de 35% du territoire est aujourd’hui sous leur contrôle. La police n’entre plus dans le Bastar, un territoire de 100000km2.

Dans les zones libérées, créées grâce à un réseau de bases d’appui et à la tactique de l’encerclement des villes par la campagne, les naxalites interdisent l’usure, organisent des coopératives, des centres de médecine et d’éducation populaires. Chaque district est organisé par un réseau de comités de pouvoir populaire

Le programme des naxalites est celui de la révolution de nouvelle démocratie qui mènera au socialisme.

En quoi, consiste cette révolution de nouvelle démocratie ? C’est la remise en cause de toute la structure d’oppression, la terre aux paysans, la disparition des usuriers et des dettes, la fin du système de castes et de l’intouchabilité, la suppression de l’exploitation par les multinationales et leurs partenaires locaux, l’instauration d’assemblées et de tribunaux populaires, l’autodétermination pour les nationalités et la fin des campagnes de haine anti-musulmans. Le mouvement maoïste a donné confiance aux opprimés pour faire valoir leurs droits, le travail forcé et l’exploitation sexuelle des femmes dalits et tribales par des castes supérieures a été combattu avec des succès remarquables

La Guerre Populaire Prolongée (GPP) et sa plate-forme culturelle au service des plus pauvres contre les castes, contre les coutumes féodales oppressives, s’est attirée l’appui du monde intellectuel et culturel. C’est le cas pour l’écrivaine Arundhati Roy qui a écrit une enquête très riche sur la GPP dans le Chhattisgarh, mais aussi de Ravi Shankar, un célèbre musicien de sitar qui parle des maoïstes comme de gens ‘formidables’.

Pourtant, la propagande contre la GPP est terrifiante, elle présente évidemment les maoïstes comme des terroristes assoiffés de sang opposés à toute « démocratie ». Les maoïstes ne sont que la réponse révolutionnaire à des décennies d’exploitation des pauvres. Le devoir de tous les révolutionnaires est de soutenir selon la lumineuse formule de Marx « ceux qui partent à l’assaut du ciel ».

[1] A côté des chaînes d’informations continues qui reprennent les dépêches dictées par le régime indien contre les « bandits maoïstes », nous trouvons au sujet de la situation en Inde d’autres plumes médiocres présentées comme « militantes ». A « gauche de la gauche », visiblement effrayés par les échos de la révolution, des membres du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) abreuvent de calomnies et d’insinuations le mouvement révolutionnaire en Asie. En effet, dans un inénarrable numéro d’un bulletin sur l’Asie, disponible sur le site du NPA, on trouve une condamnation de la répression en cours contre les paysans et des minorités tribales en Inde. Mais cette position est adossée à un avertissement involontairement comique contre les dangereux maoïstes, potentiels « futurs tyrans » qui amputent leurs « opposants de classe ». En 1968, face à ces bobards anticommunistes on aurait brandi le slogan « réservons la peur du rouge aux bêtes à cornes ». Aujourd’hui, force est de constater que les donneurs de leçons européens du NPA n’ont ni la capacité ni l’audace de comprendre que ce sont les mêmes masses qui sont paysannes, minorités tribales et maoïstes. Pour cacher cette simple vérité il était nécessaire de discréditer gentiment le témoignage direct de l’écrivaine Arundhati Roy en le taxant de « romantisme révolutionnaire ». Implicitement et étrangement, on reproche aux naxalites de ne pas se lier avec la « gauche radicale » indienne et avec ses combats. Mais cette « gauche radicale » transparente est celle qui, bien au chaud dans la légalité soutient les opprimés à condition qu’ils ne prennent pas les armes pour se libérer. Son bilan est nul en Asie que ce soit dans les campagnes ou avec le prolétariat des villes. Et il est vrai que les trotskistes doivent  justifier de dizaines d’années d’inactivité dans l’Orient rouge. Par manque d’informations, des militants lisant la prose du bulletin Asie en lutte et de Christine Schneider et croyant sincèrement avoir affaire à une analyse sérieuse de la « gauche radicale » ne peuvent être que désorientés. La première boussole se trouve dans la lecture des textes des révolutionnaires indiens du PCI (maoïste).

 

Certaines leçons des expériences révolutionnaires de guerres populaires prolongées

Sans le maoïsme en tant qu’idéologie du prolétariat, il n’y aurait pas eu de Guerre Populaire en Asie. Au contraire malgré les contradictions et les difficultés, les PC d’Inde, des Philippines, insistent et se revendiquent du maoïsme comme base et socle de la révolution qu’ils mènent avec les masses opprimées. Sans la construction des trois instruments de la révolution (Parti, front, Armée Populaire) il ne peut exister de révolutions ou de Guerre Populaire viables et victorieuses. Au contraire, en Amérique du Sud toutes les expériences armées (Sandinistes, M19, Salvador, Guatemala, Tupamaros en Uruguay, Chiapas au Mexique) qui dans les années 1980 ont sombré, se caractérisent par l’absence d’un parti révolutionnaire. «  L’idéologie révolutionnaire doit commander au fusil » et non l’inverse. Toutes ces expériences ont abouti tôt ou tard au réformisme armé puis à la négociation avec la contre-révolution puis avec la réintégration en tant que dominé dans l’ordre impérialiste D’autre part, La Guerre populaire ne peut être initiée que si préalablement une analyse scientifique de la société, une analyse de classe, de la société dans laquelle agit le Parti est effectuée. Qui sont les amis et qui sont les ennemis de la révolution ? A cet  égard la théorie de la contradiction développée par Mao (contradiction principale et secondaire) tout comme la loi de l’unité des contraires (par exemple entre la théorie et la pratique, entre les Parti et les masses) sont fondamentales comme le rappellent les Indiens. Sans ligne idéologique révolutionnaire on ne peut ni rien garder, ni rien obtenir. Enfin,  la Guerre populaire est valable de façon universelle. Elle a été la forme de la révolution en Russie de 1905 à 1921 (contrairement à ceux qui prétendent la limiter à l’insurrection d’Octobre). Elle a été la forme de la révolution dans tous les pays qui ont connu des mouvements révolutionnaires conséquents et profonds. La Guerre populaire est composée de plusieurs phases (défense/équilibre/offensive) qui doivent être spécifiées pour chaque société.

 

 

 

 

 

Un document disponible auprès du Comité

A lire aussi à la suite en PDF

 

Arundhati Roy, une écrivaine indienne de renom, a publié en mars 2010 un reportage sur les naxalites qu’elle a rejoint dans leurs zones de combat. Elle est désormais poursuivie pour « activités illégales » selon une loi qui prévoit dix ans d’emprisonnement. Le récit de l’écrivaine indienne nous permet de nous émerger dans la réalité du combat des révolutionnaires d’Inde. Nous suivons jour après jour la vie et l’engagement des maoïstes. Nous sommes bien loin dans cette description de la propagande bourgeoise. Propagande qui tente de nous montrer des combattants sanguinaires et  isolés du peuple. Loin de cette image nous découvrons au contraire des militants issus du peuple et qui partagent leur quotidien. Nous découvrons au fil des pages la forte liaison entre les aspirations des masses et le combat mené par les maoïstes. La théorie qui consiste à décrire le peuple pris entre marteau et enclume par l’État et les maoïstes s’envole en fumée. Nous pouvons aussi apprendre comment les communistes commencent à mettre en place le nouvel État dans les zones libérées. Nous avons donc entre les mains un document qui peut faire beaucoup plus que de long discours pour faire découvrir et soutenir la lutte révolutionnaire.

                                  

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